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Published by degavroche

Distance: 130km –Montée: 2065m

Encore une fois, je me réveille le premier et comme on m’avait invité à le faire, je petit-déjeune avec les miels et confitures maison ou de la famille. Mais ce qui est vraiment exceptionnel ce matin, c’est le substratum (mot emprunté au vocabulaire de mon beau- père). Le pain que fait Nicolas avec de l’eau de source, du levain élevé à la maison et de la farine issue de blé cultivé biologiquement et produite avec amour et lenteur dans un moulin à meules de pierre spécialement striées pour garder le meilleur et éliminer le son du grain, ce support à miel donc, transforme chaque bouchée en un délice jusqu’à ce jour inexpérimenté. Depuis, quand on me dit que le pain est bon, je regarde la personne, regoûte la chose et pense que mon interlocuteur n’a jamais mangé, dans sa vie, de pain dont la saveur s’approcherait, un tant soit peu, de celle du pain de Nicolas. Jamais je n’avais mangé de pain aussi bon, jamais je n’en ai retrouvé de pareil. Un vrai bonheur !

Au réveil de mes amphitryons, je suis presque prêt à partir mais j’hésite. Les deux jours de froid que je viens d’endurer ont affaibli mon moral. Les efforts fournis pour avancer dans des conditions déplorables sont un trop lourd tribut à payer. La bruine du matin ne me dit rien qui vaille.

A 9:28, je me décide à braver le temps maussade. Nicolas me rassure en annonçant que les quantités d’eau attendues sont vingt fois moindres que la veille. Un temps sec m’aurait plu d’avantage. Je passe le col de Caunan (597m) en descente et une heure plus tard le col de la Bassine (885m). Dans la descente sur Lacaune, la pluie s’intensifie. La circulation aussi et je me fais mouiller par-dessus, par-dessous et par le côté gauche. Ça devient pénible !

Je traverse la ville du jambon où fleurissent les charcuteries et salaisons et emprunte une petite route de campagne bien tranquille. La pluie se calme et je parviens presque à sécher dans la montée du col de la Croix de deux Sous (897m). Une heure plus tard, dans la grisaille je passe le col de la Bataillole (804m) puis le col du Pas du Loup (717m) pour redescendre vers Camarès (387m). La D209 et la D51 du département de l’Aveyron sont très pittoresques. Je n’ai vu quasiment personne. Disons trois, quatre voitures en deux heures. C’est reposant, malgré des montées assez raides.

30 minutes de collation à Camarès et je repars sous un ciel de plomb. Passage par l’abbaye de Sylvanès où m’attend un bonne montée avant de redescendre sur la vallée de la Sorgue que je remonterai avec vent arrière jusqu’à Cornus. Je m’approche de l’A75 et la circulation s’intensifie. Avec elle revient la pluie. L’averse, comme le trafic routier, ne durera pas trop longtemps. A l’Hospitalet du Larzac, le temps revient au sec et j’emprunte la petite route des Liquisses, bien tranquille.

A 16:35, j’entre à Saint-Martin-du-Larzac, village où seules deux maisons sont habitées mais dont l’église témoigne d’une vie antérieure différente.

Chantal me voit arriver, les bras croisés sur la poitrine. Elle me confirme que je suis bien arrivé chez Thomas. Ce dernier ne tarde pas à revenir de la bergerie. On m’offre un thé et la dernière part d’une excellente tarte à la rhubarbe. C’est bientôt l’heure de la traite des brebis. Thomas et Chantal partent pour leur travail du soir pendant que je prends un bain et m’installe dans la chambre d’amis. Une fois la lessive du jour frottée et étendue à l’extérieur, je rejoins mes hôtes sur le lieu de travail. Le chemin qui mène aux Baumes où se trouve la bergerie est plat et bordé de buis. L’endroit est habité depuis plusieurs siècles.

J’arrive pendant la traite des brebis et m’introduis à pas de loup dans la bergerie. On m’offre une casserole de ce lait épais et à saveur fleurie encore tout chaud. C’est la première fois que je goûte au lait ovin.

Une fois la traite terminée et la bergerie balayée, Thomas me fait visiter le site des Beaumes. Des roches en forme de tourelles habitées de rapaces donnent du relief au plateau du Grand Causse. Nous visitons la ferme troglodyte fortifiée adossée à l’une des petites falaises. Tout est prévu pour résister au siège d’un éventuel envahisseur.

Nous revenons à pied à Saint-Martin où je propose de préparer mon pesto d’ortie alors que Chantal cuisine une quiche. Le repas est convivial et le fromage des brebis de Thomas et Chantal fabriqué à la coopérative est excellent.

On a pris soin de mettre du lait au frais pour mon petit déjeuner. Par contre, j’ai oublié de ramasser mon linge qui prendra la rosée au petit matin.

Les Baumes - Saint-Martin-du-Larzac

Les Baumes - Saint-Martin-du-Larzac

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