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Published by degavroche

 Saint-Guilhem-le-Désert
Saint-Guilhem-le-Désert

Balaruc-les-Bain - Mialet : 137km - 2067m

Balaruc-les-Bains est une petite ville de cures où les autorités locales ne ménagent pas leurs efforts pour amuser touristes et curistes. Des concerts et des festivités sont organisés tous les soirs pour entretenir les visiteurs. Autant dire que dans un appartement dont le bacon donne directement sur le parc (d'attractions) il est assez difficile de fermer l'œil avant le milieu de la nuit. Il faut prendre le repas du soir avec les fenêtres fermées, toute conversation étant exclues.

Au petit matin les paupières lourdes, je pointe mon nez dans les nuages qui commencent faire leur apparition. Belle maman avait pris soin d'acheter quelques victuailles, ce qui simplifie la préparation du pique-nique.

Le thé, et les tartines de miel descendent facilement, tout comme moi vers le garage pour retrouver mon fier destrier, le Seiran USS de Challange. Le vélo horizontal sur lequel je me sens le plus à mon aise à ce jour. Je quitte femme et enfant pour un retour vers la Haute-Savoie en 7 jours.

Juste après Balaruc-le-Vieux, sur la D129 je croise un pilote Google avec sa voiture surmontée de nombreuses caméras. Pour l'instant je n'ai pas pu voir ma photo sur StreetView. Peut-être vais-je être censuré?

Au pont du diable sur l'Hérault, le ciel s'épaissit. En arrivant à Saint-Guilhem-le-Désert, une petite averse me permet de manger un sandwich tout en discutant avec un cycliste lui aussi arrêté à l'abri. C'est un peu tôt pour la première collation, mais il faut profiter du soleil pour avancer et de la pluie pour se restaurer. Je n'aime pas me faire mouiller.

Que fait mon pied droit? Il semble ne plus vouloir s'accrocher à la pédale. Régulièrement il se détache et je sens bien que le jeu de la fixation est très important.

Les Gorges de l'Hérault sont très jolies mais très vite la route quitte la rivière pour monter sur le causse.

Après Ganges je quitte définitivement la rivière et le département éponyme pour entre dans le Gard. Dès Sumène la route s'étrécit et le nombre des véhicules à moteur s'amoindri. J'entre dans un paradis du cyclisme. Il devrait y avoir un col à Saint-Roman-de-Codières, après 9km de montée quand ça redescend on s'attend à voir un panneau de col. Enfin la route est vraiment pittoresque et même sans marquer des points je ne regrette pas de l'avoir emprunté.

A Bouras, une petite fontaine et quelques mûres de ronce agrémentent la pause avec vue sur la vallée du Vidourle. Après Lasalle, je choisis la D153C encore plus petite que la D153 déjà très peu fréquentée. Et je suis récompensé par un col surprise: le col de l'Espeutira à 350m d'altitude.

Je m'arrête chez un apiculteur au Mas Soubeyran juste avant le col et le bien nommé village des Abeillères pour acheter un pot de miel de montagne. L'apiculteur me prête une clef pour essayer de resserrer ma pédale droite qui ne tient plus du tout. Je vois que rien n'y fait et que l'axe du ressort semble être cassé. On me dit que le magasin de vélo est à une trentaine de km. J'essaie de revisser l'axe et ça donne le tour (si j'ose dire). Je parviens à remettre la pédale en état.

En descendant sur Saint-Jean-du-Gard je vois un ciel noir sur la corniche des Cévennes et j'entends le tonnerre qui gronde. J'espère que l'orage restera à l'Ouest. Aussitôt passé Saint-Jean, une pluie diluvienne s'abat sur moi. La visibilité est réduite à 10 mètres et la distance de freinage à 100. Force est de constater qu'il me faut ralentir, même si je suis pressé d'arriver à destination. Comme je suis immédiatement trempé et qu'il ne me reste que 10 km à parcourir je ne recherche pas un abri et affronte l'intempérie. On est très vite refroidi même à basse altitude quand on roule sous une pluie battante.

Je me présente chez mes hôtes tout penaud et dégoulinant. L'accueil est cordial souriant et presque luxueux. Une bonne douche, des vêtements secs et une délicieuse tare maison accompagnée de thé finissent par me réchauffer et me faire oublier le dernier tronçon de route détrempé. Le soleil refait son apparition pour sécher ma petite lessive.

Merci à Chantal et à Jean d'avoir ouvert grand leur maison pour que je puisse y passer une confortable nuit. Merci à Jean de m'avoir guidé dans le magnifique petit village et expliqué un peu de son histoire. Merci aussi pour les délicieux repas qui m'ont permis de poursuivre ma route.

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