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Published by degavroche

Distance: 141 km - Montée: 2587 m

A sept heures du matin, quand j’émerge de mon sac de couchage, je me retrouve seul dans la maison. Thomas est parti à l’aube pour les Baumes afin d’officier pour la traite du matin. Chantal est dans l’autre bergerie près de la maison et s’occupe des agneaux.

Je trouve mon petit déjeuner copieux et tout prêt sur la table. Je n’ai plus qu’à faire chauffer l’eau pour le thé. Je goûte toutes les confitures élaborées sur place étalées sur du pain artisanal au levain. Quand j’en ai terminé, le livreur apporte un gros pain tout frais. Me voilà rassuré, car il n’en restait plus guère pour la journée de mes hôtes.

Je retrouve Chantal dans la bergerie. Elle m’explique que contrairement à Thomas qui part régulièrement sur son vélo, elle n’aime pas voyager. Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on ne pourra pas trouver. Son avis est qu’en habitant au milieu d’une carte postale, il n’est pas nécessaire d’aller découvrir d’autres horizons. Même moi, qui ne suis pas voyageur dans l’âme, trouve qu’il est parfois bon d’aller voir comment vivent les gens un peu plus loin que devant le pas ma porte. Nous nous faisons nos adieux. J’emporte en cadeau un gros morceau du fromage de brebis goûté la veille. Voilà qui fera pour les pique-niques des deux prochains jours.

Je fais un petit crochet par les Baumes pour serrer la main de Thomas qui est en plein travail. Je le remercie pour son hospitalité exemplaire et sa générosité chaleureuse puis repars sur le grand Causse en direction de la Dourbie. Thomas et Chantal sont deux personnes que je ne regrette pas d’avoir rencontrées.

Apres une descente pittoresque sur la Dourbie, je remonte sur le Causse Noir. Le maillot et le cuissard que j’ai enfilés humides de rosée ne tardent pas à sécher. A Meyruies, je m’arrête pour faire le plein de pain, de fruits et de légumes. Le village, assez touristique, est aussi fréquenté par de nombreux randonneurs à pied. Je trouve la rue principale animée et attrayante, au bord du Béthuzon affluent de la Jonte.

Au-dessus de la vallée de la Jonte où l’on croise de nombreux cyclistes retraités, j’attaque et vainc le col de Perjuret (1028m). Je prends mon repas dans la descenet à Fraissinet-de-Fourques sur une jolie place ombragée aménagée avec des tables, des bancs et une fontaine d’eau fraîche. Je reprends ma descente en pente douce jusqu’à la petite ville de Florac que je traverse vers 13:00.

La route qui serpente en légère montée jusqu’au Pont de Montvert est ombragée. Elle serait agréable si la DDE n’avait pas eu la mauvaise idée de l’asperger de graviers qui rendent ma conduite instable et ralentissent ma progression. Ce village aussi est fréquenté par de nombreux randonneurs à pied. Commence alors l’ascension plus sérieuse au col de Finiels (1541m). Je croise heureusement peu de voitures et quelques passagers me font des signes d’encouragement en me dépassant. Ça fait plaisir de voir qu’à vélo on n’est pas toujours considéré comme une nuisance sur la route. Des troupeaux de randonneurs arpentent les chemins autour du village de Finiels. On me montre du doigt, plus par étonnement que par reproche. Il ne doit pas passer beaucoup de vélos horizontaux sur cette route. Ça me rassure, je reste, pour un temps, un original.

Au sommet deux Vététistes ont la gentillesse de me prendre en photo devant le panneau du col. La descente est aussi rapide que la montée fut lente. J’avais choisi de virer à gauche au Mazel, direction Orcières, pour écourter le tronçon de route que je devais refaire dans l’autres sens le lendemain. Tout d’abord je dois passer un coup-de-cul, où le 30 x 28 à bien failli être insuffisant. Avant Orcières je croise, chose étrange sur une petite route de campagne, une énorme balayeuse qui soulève des nuages de poussière. Derrière elle, la route est nette. Je déchante assez vite en franchissant l’entrée du village. La route est en travaux et il n’en reste qu’un chemin que seuls les véhicules à quatre roues motrices peuvent emprunter facilement. Mon vélo n’en a qu’une et ses pneus ne sont pas faits pour le tout-terrain. Je me résigne à marcher sur les deux kilomètres de cette sorte de chemin de débardage qu’est devenue la route.

Enfin je retrouve un asphalte potable sur quelques centaines de mètres, le temps d’un nouveau coup-de-cul en montée. Dans la descente sur Saint-Julien-du-Tournel, le goudron est là aussi à refaire. Je dois me limiter à ne pas dépasser les 20km/h pour éviter une crevaison et des secousses désagréables. Quand je rejoins la D901 dont j’avais voulu éviter un tronçon, je me demande si c’était finalement une bonne idée. Il m’aura fallu une heure pour parcourir ce raccourci alors que vingt minutes auraient suffi en passant par le Bleymard. On ne peut pas toujours savoir ce qui va arriver lors d’une aventure, si modeste soit-elle.

Une quinzaine de kilomètres plus loin, je passe le col de la Tourette et rejoins l’horrible N88 que je me félicite d’avoir évité le mieux possible. Des camions vrombissants et des voitures lancées dans des courses folles m’accompagnent sur les cinq derniers kilomètres qui mènent à Badaroux. Il me faut interroger une dizaine de personnes pour arriver à localiser la demeure de Corinne et Sébastien. Ce n’est que quand je mentionne leurs vélos à trois roues qu’une voisine percute et m’indique leur maison. Corinne est d’ailleurs en plein démontage du moteur solaire du trike se son mari. On m’installe dans le bureau et on m’indique le fonctionnement de la machine à douches, qui me paraît bien compliqué. Intrigué et distrait j’oublierai mon rasoir dans la salle de bain ultra moderne et pourtant à refaire selon mon hôtesse.

Après un apéro avec un ami plombier, nous prenons un repas en famille en compagnie de Corinne, de Sébastien et de leur fille Soizic. Je n’ai pas entendu la route nationale pendant mon sommeil réparateur.

Millau - Badaroux
Millau - Badaroux

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