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Published by degavroche

Distance ; 136km – Montée : 4027m

La veille Albert avait pris soin de me montrer la route à suivre. Nous étions même montés sur le petit promontoire du hameau de Claret pour admirer la vue sur Tremp et les lacs dels Terradets et de Sant Antoni. Aussi, après le petit déjeuner, la photo et les adieux, je n’ai pas eu de souci pour trouver la route. J’adore les gens qui ont le sens pratique.

Dans la montée au Coll de Montllobar, les vautours font leur ronde. Tiens, ça monte encore 3km après le passage du col. Après 27 km je sors de Catalogne et entre en Aragon, sur la province de Huesca, dans le comté de Ribagorza. Eh oui, c’est comme ça en Espagne !

A partir de maintenant, je vais rencontrer des gens dont la langue maternelle est celle que j’ai apprise durant mes cinq années d’étude. N’oublions pas que c’est là le prétexte du voyage.

A Capella, 3h45 et 70 km après le point de départ, je dévore le pain, le fromage et le concombre qui encombrent mon sac arrière. Le vélo s’allège et je m’alourdis. Je craignais de ne pas rencontrer de fontaine, mais il semble qu’en Espagne les mairies mettent gracieusement à disposition des passants des robinets connectés au réseau d’eau domestique de la ville. Jamais je n’ai manqué d’eau sur mon parcours malgré la petite contenance de mon bidon (70cl). Il faut dire que je n’aurai pas souffert de la chaleur durant ces trois semaines passées en Espagne, bien au contraire.

En ce 23 mai, jour des 50 ans de mon frère, j’ai presque eu chaud. Pour la première fois je ne me fais pas arroser sur la route.

Le tronçon entre Panillo et Tierrantona est absolument fabuleux. La route y est neuve, étroite et déserte. Le paysage se déroule comme dans un documentaire, On y croise même un monastère bouddhiste, une apparition insolite vers le km 82.

Les derniers kilomètres pour arriver à Ainsa sont moins agréables, la circulation est gênante, mais l’épisode est de courte durée. Arrivé en ville vers 15h, je téléphone à Nekane qui travaille quelque part dans la montagne jusqu’à 19h. Je l’apprendrai plus tard de la bouche de son fils, elle fait des confitures. Comme les magasins sont encore fermés pour deux bonnes heures, je décide de ne pas attendre que mon hôtesse vienne me chercher en 4x4 et je me dirige vers Boltaña puis attaque plein de courage la piste gravillonnée qui monte à près de 15% vers le hameau d’Ascaso. Au bout d’un km de dérapage et d’un effort musculaire intense, je dois descendre de mon destrier pour le pousser sur le 3.5km et 360m restants. Le terrain est instable, trop dangereux pour mes pneus et pour mon équilibre. La marche durera plus de 30 minutes et malgré des changements de bras pousseur fréquents, mes membres supérieurs seront contents d’arriver.

La casa del Juez n’est pas difficile à localiser. Il doit y en avoir 6 dont seulement deux ont un toit. Je trouve Ibai, le fils de Nekane sur la colline au bout du village. Il m’installe dans une chambre confortable. La douche est chaude même si le fond de l’air est froid. Nous prenons une collation ensemble car maman ne va pas rentrer avant 10h. Il retourne travailler pendant que j’occupe l’ordinateur pour transférer des cartes et envoyer quelques courriers à mes amphitryons passés et prochains.

Au menu tardif nous avons des côtes de porc, des légumes, des frites, de la salade et pour moi un mijoté aux lentilles de la veille. Nekane sait qu’un cycliste a besoin d’énergie pour avancer.

Je regrette juste de n’avoir pas eu plus de temps pour converser avec mon hôtesse. Mais à minuit, il faut se résigner à aller dormir avant un départ matinal.

Coll de Montllobar

Coll de Montllobar

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