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Published by degavroche

Distance : 200 km – Montée : 3095m

Je me suis levé avant Julien et Karine pour commencer mon petit déjeuner sans me presser. Les plus jeunes sont dans les starting-blocks au sortir du lit, et dehors avant d’avoir pu respirer cinq fois profondément. J’ai plus de cheveux blancs que de colorés, je dors moins et prends plus mon temps le matin.

A 7:55 nous sommes tous dehors, la pluie a cessé mais il crachine et la route est mouillée. Je monte vers le col de la République que j’éviterai car il s’agit de la route qui relie Saint-Etienne à Annonay. Il fait froid et humide, et j’ai trop bu de thé. Il me faudra m’arrêter plus de huit fois dans les 25 km qui mènent au col de l’Oeillon. C’est un détour que j’ai planifié en suivant les conseils de Julien, il m’avait-il vanté une vue splendide sur les Alpes. Arrivé au dit col après de multiples montées, descentes et faux-plats. Je ne suis que 240 mètres plus haut que le départ, mais j’ai déjà plus de 600m de dénivellation au compteur. Grande déception: la vue sur la vallée du Gier est occultée par un épais brouillard. Pas moyen de voir les Alpes. Pas chaud non plus. Le parc national du Pilat est certainement plus agréable au soleil.

La route est presque sèche, je profite des longues lignes presque droites pour grimper dans les tours. Un troupeau de vététistes m’oblige ralentir, je leur fais un signe de la main et m’élance à nouveau dans la pente à plus de 65 km/h. Alarme ! Non ce n’est pas un radar, c’est ma tablette qui m’indique que je m’éloigne de la route tracée. Je sors la carte et réalise que la bande de cycliste m’avait occulté la petite route qui descendait sur Doizieux. Je suis déjà plus bas d’un kilomètre et je rechigne à remonter. J’aurais dû. Le détour est de près de 10km et 250m de montée en plus. Comme si l’étape de ce 14 juin n’était pas assez fatigante ! Ce n’est pas la première fois que je ne fais pas cas de l’avis de ma tablette équipée de GPS. C’est vrai que des fois elle s’affole pour rien, mais cette fois je savais que j’étais dans l’erreur, et pourtant, j’ai persévéré.

A la Terrasse-sur-Dorlay nouvelle alarme. Pas d’inquiétude ça veut dire que je rejoins la route tracée. Il me faut ensuite endurer 7 km de ville entre Saint-Paul-en-Jarez et Rive-de-Gier. Le trafic est dense mais fluide, comme la route est en légère descente, je parviens à rouler à la même vitesse que les voitures. C’est moins désagréable que quand les véhicules vrombissent en te frôlant pour te dépasser.

A Saint-Martin-la-Plaine, c’est de nouveau la campagne. Le ciel est toujours gris, mais je vois que j’ai échappé à la tempête de la veille. Dans les bois, la route est jonchée de branchettes et de débris de feuilles encore vertes. Un vent violent a dû souffler par là récemment. Sur le terrain de sport de Sainte-Catherine, en face de l’école où les enfants font des commentaires enthousiastes sur mon vélo, je prends une pause pour me sustenter. Il me reste encore 125km à parcourir, pourvu que le ciel se dévoile.

Je reprends ma traversée des monts du Lyonnais en direction du nord. Je passe à côté des châteaux de Chamousset, de Montrottier, d’Avauges, de la Flachère, de Rochebone-Saint-Hippolyte et du Sou sans les visiter. A la Saule-d’Oingt, mon itinéraire emprunte une route très étroite. La descente sur le Morgon est raide, et après avoir traversé ce cours d’eau, la montée est brutale. Ma vitesse s’abaisse en dessous de 6km/h, seuil de l’équilibre. Il n’y a aucune visibilité à cause des arbres et de virages. Je ne peux pas risquer de rencontrer un voiture avec mon équilibre précaire et au maximum de la poussée sur mes pédale. Je m’oblige à descendre de vélo et de le pousser sur quelques centaines de mètres. Sur une route large j’aurais pu tenter de grimper à vélo. Là c’était trop dangereux.

Après le Grand Vernay la route est encore plus étroite. La décente, elle aussi, est vertigineuse, mais heureusement très courte. Je me retrouve vite sur la D504, une route de taille raisonnable. Il ne reste plus qu’à passer les cols de la Croix Montmain (737m) et de la Croix Rosier (721m) pour entamer la descente dans les coteaux du Beaujolais. Belle vue dégagée sur les châteaux de Marchampt et de Quincié avant de remonter sur Réginé-Durette terme de l’étape. Je trouve sans problème la maison de mes hôtes Anne et Vincent. La première arrive peu après moi, toute guillerette avec le ventre plein d’une naissance prochaine. Vincent rentre peu après. Anne prépare le repas que je partage avec Vincent, car Anne doit repartir à une réunion, sans manger. Je goûte le vin produit par mon hôte, du Beaujolais bien entendu. Il descend assez bien. Oui, bon pas aussi bien que le Seiran !

Vincent lui aussi est de sortie ce soir-là. Je me retrouve seul dans la maison. En quatre semaines ce doit être la troisième fois que j’ai du temps pour lire la Chronique d’une Mort Annoncée que j’avais embarquée sur ma tablette. Je terminerai cette nouvelle, en espagnol, dans la maison de Réginé-Durette au milieu du Beaujolais.

Anne et Vincent sont des jeunes gens bien sympathiques, je regrette de n’avoir pas eu plus de temps pour échanger avec eux. Le vendredi n’était pas le jour idéal pour une visite. Dommage !

St Genest Malifaux - Régnié-DuretteSt Genest Malifaux - Régnié-Durette

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