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Published by degavroche

Distance: 80km - Montée: 2306 m

Je m’offre une grasse matinée suite à la fiesta de la veille. A 09:30 Ainoha émerge et s’indigne de ce que j’ai déjà lavé et rangé la vaisselle de la veille. ¡Eso no se hace !

Pour le petit déjeuner, nous terminons les quelques crêpes qui restent et me voilà prêt à partir. Nous avions bien pris soin de demander à la boulangerie à quelle heure elle ouvrait. C’est plus deux heures plus tard que nous en franchirons les portes avec un pain de plus d’un kilo dont je céderai la moitié à mon amie pour accompagner les fromages laissés dans son frigo. Ainoha se demande pourquoi elle n’invite pas plus souvent des gens qui lui rempliraient le garde-manger.

Il est 10:50 quand je commence l’ascension vers la Coma puis le Coll de Port. A l’entrée de la Coma, dans le profond caniveau qui borde la route, pousse à foison la plante que nous avions vainement cherché la veille. C’est un endroit exposé aux rayons du soleil et bien irrigué. Le terrain idéal pour la circe de Montpellier. Mais c’est un peu trop tard pour la déguster avec un plat de pommes de terre.

Les 17km de montée jusqu’au coll de Port (1669m) passent plutôt bien. La pente dépasse rarement le 10% et la température n’est pas assommante. Il me faut enfiler des manches pour attaquer la descente sur Tuixén. Un magnifique village que je vois au loin, perdu entre la Sierra de Cadí au nord et la Sierra del Verd au Sud. Le coll de la Trava (1480m) annonce la longue descente sur la Seu d’Urgell où je prendrai mon déjeuner au bord du Riu Serge, lieu de rencontre des joggeurs et des cyclistes du fond de la vallée. J’y arrive à 14:35 et prolonge mon repas en vidant une boite de sardines à l’huile d’olive que je gardais en réserve en cas de fringale. C’est le cas. Je n’ai pas mangé depuis près de 5 heures et j’ai grimpé plus de 1800m de dénivellation. Même s’il ne me reste que 15 km à parcourir avant d’arriver à Arsèguel, j’ai besoin de me requinquer.

La balade postprandiale emprunte la N-260, route qui longe les Pyrénées côté espagnol et franchit la frontière avec la France à Puigcerdá. Le trafic est assez dense et la beauté des montagnes alentour ne suffit pas à compenser la gêne causée par le passage incessant de bolides assourdissants et de monstres aux haleines fétides de CO2 chargé de micro particules létales. Ce soir, j’y échapperai en m’élevant 150m plus haut et derrière une petite crête qui fera écran au bruit de la circulation de ce grand axe.

La montée au village d’Arsèguel est courte mais rude. Il me faut utiliser le rapport le plus court pour franchir le raidillon après le pont éponyme qui traverse le Segre. J’arrive au village avec quelques gouttes de pluie. J’essaie d’appeler mes hôtes Joan et Beti mais n’obtiens que la boite vocale. Sur la place de l’église, je demande où se situe leur maison. Comme ici tout le monde se connaît, on m’indique qu’il faut ressortir du village et prendre la route que j’ai croisée 300m plus bas. En fait, la maison est juste en-dessous de moi mais il faudrait descendre plusieurs centaines de marches pour l’atteindre. A vélo mieux vaut faire le détour par la route.

Joan et Beti, accompagnés de leurs deux filles, arriveront deux heures plus tard. J’aurai eu le temps d’appeler Ainoha pour lui indiquer le lieu exact où récolter la circe de Montpellier. Je ne sais pas si elle y est allée ou si elle s’est trompée de plante, car depuis je ne reçois plus de ses nouvelles. Les amitiés se défont encore plus vite qu’elles ne se tissent.

Le vendredi chez Joan, c’est soirée pizza. La pâte est amassée depuis le matin et je vois sortir du four des pizzas garnies de manière variée toutes les 20 minutes. En attendant la première, Beti prépare des chips de feuilles de sauge du jardin, sautées à la poêle. Je me régale en terminant toutes les pizzas qui me sont présentées. Un vrai festin ! Pour la première fois, je mange des nèfles. Je regrette de n’avoir pas essayé avant. Les magasins en regorgent.

Mon Seiran dort en compagnie de leur Pino Hase, compagnon de leurs voyages en famille sur deux roues. Ce soir-là, je profite de ce que mes hôtes vont coucher leurs filles pour me connecter au bureau et régler un problème qui traîne depuis quelques jours et agace mon chef. Je n’avais pas accès à une connexion internet décente depuis plus de 3 jours. J’aurais cependant aimé profiter d’une heure de plus de conversation avec Joan et Beti, plutôt que de m’abrutir derrière un écran. Mais c’était une condition tacite pour l’octroi d’un congé de 4 semaines. Je devais rester disponible en cas d’urgence. Dommage c’était ma dernière nuit en Espagne!

Sant Llorenç de Morunys - Arsèguel
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