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Published by degavroche

Distance ; 160km – Montée :1520m

Les nuages sont gris, le ciel est menaçant et je ne suis pas du tout motivé pour remonter sur mon vélo. Pour me donner du courage Jorge mon hôte, qui passe ce matin-là un examen d’informatique, me donne un énorme morceau de turrón aux amandes. J’y ajoute un ibuprofène, prends mon courage à deux mains et me lance dans la bruine matinale. Cette dernière ne va pas durer longtemps. Très vite elle laisse la place à une fraîche ondée qui va m’accompagner pendant cinquante kilomètres. Encore une fois je manque la vue qui doit être assez magnifique autour du lac artificiel de la Cuerda del Pozo.

Au Puerto de Perondillo (1202m) après une heure et demie de pluie, je profite d’une accalmie relative pour éliminer un quart du turrón que j’ai emporté. Pas moyen de s’asseoir pour déguster. Les camions n’hésitent pas à me brumiser au passage. J’ai connu des sites plus hospitaliers pour casser la croûte.

Après 55km, la montée commence. J’entre dans le massif de la Sierra de la Demanda. A Quintanar de la Sierra, la pluie fait une pause et j’en fais de même. Je trouve une petite épicerie où acheter pain, fromage, banane et concombre. Le tout sera consommé quelques mètres plus loin sur un banc. Pourquoi monter cette nourriture dans les sacoches quand on peut la mettre dans son estomac ? Ce doit être un jour de sortie, les gens dans la rue me souhaitent un bon appétit, ce qui leur donne le temps d’observer ma drôle de machine. Un vélo horizontal c’est presque toujours un objet de curiosité et même parfois un sujet de conversation. Le papi qui m’interroge, ne met pas longtemps à déduire que je suis français. Ce n’est pas facile de se défaire de certaines intonations.

Les 8km de montée pour arriver au collado de Qintanar sont assez agréables. Moins de circulation, une route à peine humide et même parfois un petit rayon de soleil timide. En tous cas arrivé en haut je suis quasiment sec.

Dans la descente je me félicite d’avoir regardé presque toutes les intersections de mon voyage sur StreetView. J’évite ainsi l’erreur qui aurait consisté à suivre la route la plus évidente qui descend vers Neila au lieu de remonter sur une toute petite route vers le collado de Huerta (1438m). La chaussé est bien défoncée dans cette montagne déserte. Je dois me méfier des trous et de pierres dans la descente vers Huerta de Arriba. Plus bas la route s’élargit et l’enrobé est presque neuf.

A Barbadillo del Pez, fin de la descente, je termine mes provisions du jour avec l’arrivée du soleil. Je m’enduis de protection solaire. Le flacon de 200ml n’aura pas été beaucoup sollicité jusqu’à ce jour.

La montée au Puerto del Manquillo est très agréable. Les falaises sont peuplées de rapaces, des bruyères roses en fleur parent les flancs de la montagne. Une fraîche petite brise souffle et me pousse ou me retient après chaque virage, c'est selon. Par deux fois je croise la via verde de la Demanda, que je me félicite de n’avoir pas voulu emprunter, malgré les conseils de mon hôtesse Natalia. Dans cette région les vias verde sont pour les VTT. Avec des pneus de 23mm ce serait un massacre.

J’attaque mon quatrième casse-croûte au puerto de Manquillo (1400m), cette fois avec des manches.

Les premiers kilomètres de descente se passent plutôt bien mais une petite averse de grêle me rappelle que je suis bien en Espagne, le pays (dit) du soleil et de la chaleur. Bien vite l’orage me rejoint et me voilà de nouveau à me battre avec les éléments. Vent de face, pluie torrentielle.

Je passe le puerto el Matorro sous la pluie, qui m’accompagnera jusqu’à Arlanzón. A Ibeas de Juarros, je rejoins la nationale qui mène à Burgos. J’en profite pour refaire une petite pause déjeuner et prévenir Natalia que je vais arriver d’ici 45 minutes. Nous convenons d’un rendez-vous devant la cathédrale dans 90 minutes. Elle a des invités et ne peut pas se libérer avant.

Au moment où je repars je vois face à moi un nuage d’une noirceur omineuse. Pas moyen d’échapper, il se dirige sur moi et moi sur lui. Nous nous traverserons mutuellement, mais je crois que je l’ai bien plus senti de mon côté que lui du sien. A l’approche de Burgos, croisement de multiples chemins de Saint Jacques, je double de nombreux pèlerins sous cape, le bâton à la main et la concha accrochée au sac.

J’entre dans la ville par l’Est, en traversant une immense zone industrielle, dont je peux assurer que la France n’a plus l’exclusivité. Les camions rugissent, les voitures piaffent et je me fraye un chemin dans la circulation dense. Il y a bien une piste sur la droite, mais seuls les piétons et le VVT peuvent l’emprunter. Pour mon vélo c’est une menace imminente de crevaison.

Une fois traversé l’horrible pourtour industriel, et la banlieue, le soleil refait une apparition. Je cherche la cathédrale qui ne dépasse pas les immeubles et demande mon chemin à plusieurs reprises. Je croise et emprunte quelques bandes cyclables, mais à défaut d’indications, je dois revenir près du trottoir régulièrement pour interroger un piéton.

J’entre dans une zone pavée et plus touristique où je trouve enfin des flèches qui indiquent mon point de rendez-vous. J’ai le temps d’étendre mon linge humide sur un banc, de prendre des photos et de me restaurer un peu, ce n’est que mon septième repas, avant que n’arrive Natalia sur son vélo. En dix minutes nous sommes chez elle, où je finirai de sécher en buvant un excellent maté.

Natalia et Claudio me réservent une soirée bien sympathique autour d’une table garnie de spécialités de la région ou de la maison.

Catedral de Burgos

Catedral de Burgos

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