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Published by degavroche

Labegude - St Genest Malifaux

Distance : 154 km – Montée : 2624m

Mon cousin Eric est un oiseau de nuit. Il n’avait pas encore beaucoup dormi à l’heure où je me suis levé pour le petit déjeuner. A 7:40 nous nous sommes séparés, j’ai pris la route et lui le chemin de son lit. Il m’a assuré que c’était une bonne heure pour aller se coucher. Je suppose qu’il s’est réveillé pour de bon quand j’en étais à mon deuxième repas de midi vers Riotord. Mais j’ai quelques kilomètres à vous raconter avant d’en arriver là.

Labégude est située à 270 d’altitude sur l’Ardèche, mais en amont des fameuses gorges qui se descendent en canoë, en kayak ou en raft. Il m’a fallu remonter le cours de la rivière sur 10km jusqu’au Pont-de-Labeaume, pour enfin quitter la route à grande circulation. Je n’avais pas initialement prévu d’emprunter la N102, mais comme mon hôte de Sant-Pierre-de-Colombier m’avais fait défaut, il fallait bien en passer par là. Je ne regrette pas la soirée passée avec mon cousin. Nous n’avons pas tellement d’occasions de nous rencontrer, moi voyageant peu et surtout à vélo et lui se déplaçant encore moins.

A Burzet, des banderoles de bienvenue aux cyclistes, sont tendues dans les rues et les façades des maisons sont décorées de violet et de jaune; les couleurs de l’ardéchoise. J’ai l’impression que la horde de cyclos est sur mes talons. En montant le Col de la Baricaude (1257m), je surveille la route en contrebas, mais je crois que j’ai trop d’avance. Je ne verrai pas le troupeau de participants à la célèbre randonnée cycliste. Avant dix heures je traverse la Loire, ce minuscule fleuve naissant au pied du Mont Gerbier de Jonc que j’atteins à 10:17. La vue est dégagée et je peux voir les Alpes, elles aussi toutes petites. Vraisemblablement elles prennent naissance, elles aussi, vers ce deuxième sommet des monts du Vivarais.

De là, toujours sur le parcours de l’Ardéchoise, de succèdent des paysages féeriques de petits monts sillonnés par des routes entrecoupées de cols. Je grimpe les cols de la Clède (1385m) et de Médille (1332m), où je prends ma première collation. Reste à passer le col de Viallard (1331m) avant de redescendre sur Fay-sur-Lignon, Le Mazet-St-Voy, avec sa bonne fontaine d’eau fraiche, puis Tence. Encore 300m de dénivellation pour arriver à Saint-Bonnet-le-Froid, où il fait bien chaud ce jour-là. Je m’enfile sur une mignonette route de campagne pour rejoindre Riotord. A chaque bifurcation je prends bien soin de jamais prendre la direction des panneaux indicateurs pointant sur cette ville. Je fais un magnifique petit détour par St-Julien-Molhesabate puis par le Sétoux pour arriver enfin à Riotord. Comme la campagne est belle, que le temps au beau fixe, que les voitures sont rares, et que je suis en grande forme, je profite pleinement de la balade.

A Riotord, je fais le plein du bidon pour la troisième fois, le soleil ça assoiffe. Je déchante en prenant la route D501 pour Marlhes. Elle est en état de décomposition avancée. Le bitume est luisant et collant. Des camions surdimensionnés par rapport à la résistance de l’enrobé ont dû passer récemment. La route est écorchée sur une longueur de 5 km par deux tranchées d’environ 35cm de large où la surface roulante est arrachée et dont les restes sont semés sur les parties encore saines mais suintantes de goudron. Non seulement je dois éviter de tomber dans les sillons et slalomer entre les grumeaux d’asphalte, mais en plus mes pneus sont englués dans une mélasse noire à l’odeur écœurante. La montée est poisseuse, l’odeur suffocante. Même le vélo se plaint de ces conditions de travail, lui que ne dit jamais rien.

Au passage de la Haute-Loire à la Loire, les conditions routières s’améliorent. Nous n’aurons plus à nous plaindre de l’état de l’enrobé. C’est quasiment au sprint que je franchis le panneau d’entrée à Saint-Genest-Malifaux où j’ai rendez-vous deux heures plus tard avec Julien et Karine. Comme je suis assoiffé je vide un autre bidon et achète un kilo de pastèque et des avocats. Il me faut plus d’une demi-heure pour avaler mon énorme quart de pastèque qui enfin apaise ma soif. Les deux avocats que je mange, sont de couleur brune, pas terribles. Je retourne chez l’épicier pour lui dire que ces derniers étaient trop murs. Comme c’est un bon commerçant, il en choisit lui-même trois autres, à points, qu’il me donne en remplacement. Je les partagerai avec mes hôtes lors du repas du soir.

Le ciel s’assombri très vite et je décide de m’approcher de l’appartement, puis de téléphoner à Julien pour lui dire que je suis arrivé plus tôt que prévu. Bien m’en a pris, la chance m’a souri cette fois encore. Julien, a justement un moment de libre entre la fin de son travail acrobatique et un cours d’escalade. Il passe m’ouvrir la porte de son appartement et m’inviter à prendre une douche chaude. Il repart, sous des trombes d’eau. En voilà une à laquelle je ne suis pas fâché d’échapper. Karine arrive alors que je termine ma toilette. C’est le jour du juste à temps. Nous faisons connaissance et échangeons les informations de coutume (ASL, non je plaisante, warmshowers ce n’est comme irc ). Elle me dit comment avec julien ils ont traversé l’Amérique du Sud avec des vélos bon marchés et peu de moyens. Nous préparons des tagliatelles de courgettes et une salade. Julien arrive à point pour le repas du soir. Le lendemain Julien et Karine partiront pour ma région. Ils traverseront les dents de l’Enfon au-dessus d’Annecy puis iront au Grand-Bornand pour grimper sur le Jalouvre. Les images du pays peupleront mes rêves. Nous n’aurons pas eu le temps de visionner le diaporama de leur périple latin avant que je ne m’écroule de sommeil. Dommage!

Labegude - St Genest Malifaux
Labegude - St Genest Malifaux

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