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Published by degavroche

Distance: 131km –Montée: 2010m

En voilà une étape toute droite ! En partant de El Villosell à 7:40, j’ai un petit doute quant à la route à suivre. Passer par Tarroja de Segara comme initialement prévu me ferait faire un détour inutile, et le tracé de mon itinéraire ne correspond donc pas à la route que je vais suivre. Je n’aurai donc pas non plus la sécurité de mon avertisseur de fausse route (tablette) sur une bonne partie de la route. De plus, le chemin tracé sur OpenRunner paraît ne pas toujours suivre les routes de la carte. Ce jour-là, je me dirigerai plus avec les panneaux indicateurs qu’avec le graphique de la carte. Autant dire que j’ai emprunté des grands axes et que le plaisir en a été d’autant plus réduit. La perspective d’un bon repas de crêpes entre amis, m’a aidé à affronter le bruit vrombissant des camions.

J’avais bien noté le passage presque confidentiel sous le pont à Vinaixa, pour rejoindre la piste goudronnée éponyme. Il m’a fallu faire demi-tour pour rejoindre ce passage secret et passer sous la route nationale N-240 qu’il fallait absolument éviter. J’étais tellement content de ce coup que je n’ai pas fait cas de l’alarme de ma tablette 5km plus loin quand j’ai tourné à gauche vers Els Omellons au lieu d’aller à droite directement vers L’Espluga Calba. Voilà comment on visite un peu de campagne, pas prévue au programme. Il faut dire, à ma décharge, que l’étroitesse de la route de droite et le manque de panneaux indicateurs auront trompé mon jugement. 8km plus loin, je retrouvais ma route.

La traversée de Tarrega m’aura aussi posé une petit problème. Mais là, je me suis approché d’une automobiliste, à un feu rouge, pour lui demander ma route. Elle m’a dit de la suivre. J’ai dû filer cette voiture grise dans les ruelles étroites et sauter des nids de poule dans une course poursuite qui a bien failli m’exténuer. Je crois que jamais je n’ai traversé une ville aussi vite.

Même problème à Guissona, décidément, je n’aime pas les villes. Là, j’ai demandé mon chemin à des passants. Je faisais une peu la course contre la montre car j’avais prévu de faire mes courses pour les repas du midi et du soir à Solsona afin de minimiser le portage, sachant qu’à Sant Llorenç on ne trouve pas grand-chose.

Je n’avais pas trop bien regardé le profil de l’étape. Les 12 km de montée entre Biosca et Solsona m’ont un peu pris de cours. Je suis arrivé à la ville prandiale à temps pour faire les courses, mais affamé.

Au centre-ville m’attendait un banc dans un parc arboré et aménagé avec des jeux d’enfants, juste en face d’une fontaine. J’ai dévoré pendant près d’une heure. Ensuite je me suis enfoncé dans la vielle ville où l’on m’a dit qu’il y aurait une boucherie où acheter du bon fromage de chèvre et de brebis. Je suis reparti, sacoches pleines de deux délicieux fromages entiers en direction de chez Ainoha.

A Solsona, la signalisation est meilleure qu’à Tarrega ou qu’à Guissona. J’ai trouvé le chemin du Riu Cardener sans trop chercher. Bien entendu comme je m’approchais des montagnes, il y avait plus de montées que de descentes. Et pour une fois, il faisait chaud. L’arrivée au barrage de la Panta de la Llosa del Cavall en plus d’annoncer un replat m’a apporté un peu de fraîcheur lacustre. J’ai profité du barrage pour faire quelques clichés du lac et du monastère qui le domine.

Je suis arrivée très tôt dans l’après-midi à destination et me suis dirigé sur la fontaine pour me débarrasser mon visage du sel, puis à la maison de mon hôtesse, puisque j’en connaissais le chemin. Le jeudi, c’est son jour de congé. Quand j’ai vu qu’il n’y avait personne, je me suis mis à cueillir les ingrédients de la soupe dans les mauvaises herbes de son jardin. Les feuilles de plantain, de pissenlit et de trèfle sont excellentes cuites et mixées avec quelques pommes de terre.

Après avoir rempli un sac de verdure et attendu devant la maison pendant plus d’une heure, je me suis décidé à appeler. Ainoha m’a invité à entrer et prendre une douche en attendant sa venue. Pour une fois j’étais présentable en rencontrant mon amphitrionne.

Nous avons eu le temps de partir à la recherche de circe de Montpellier, pendant une heure, mais en vain. Puis d’aller acheter du fromage de vache, des œufs, de la salade et des fruits avant que je ne me mette au fourneau. A 20:00 tout était prêt, il ne nous restait plus qu’à attendre l’arrivée d’Angel Olé et de son ami Marcel en réunion à la Coma, un village où je passerai le lendemain.

Le repas fut très animé, et bien arrosé. Ce fut un peu difficile pour mes trois compagnons de table de s’en tenir à l’espagnol. Quelques phrases en Catalan sorties intempestivement auront échappé mon entendement. Mais l’ambiance bon enfant et le succès de ma soupe zéro km et des crêpes aux trois fromages suivies de crêpes dessert m’ont transporté quelques dizaines d’années en arrière, quand, encore étudiant, je baignais dans l’insouciance et que nous refaisions le monde entre copains.

A une heure du matin, quand nos amis sont partis, je ne me suis pas fait prier pour me jeter dans les bras de Morphée.

El Villosell - Sant Llorenç de Morunys
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