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Distance: 146 km - Montée; 2243 m

Encore une nuit trop courte et une lessive pas sèche. Cette nuit, j’ai perdu la bande élastique qui soutenait mon demi-tendineux (enfin je crois). Du coup j’ai ressenti une douleur plus forte durant la nuit. Mais rien d’alarmant, rassurez-vous !

Olivier profite du patio de l’auberge pour inspecter son fond de jante pendant que je pars à la recherche d’un petit déjeuner. La boulangerie est fermée mais un habitué m’indique de frapper fort sur la porte jusqu’à obtenir une réponse. Après quelques essais infructueux, il vient à ma rescousse et martèle la vitre avec son trousseau de clefs. Cinq bonnes minutes passent avant qu’une dame fatiguée ouvre la porte du bazar-boulangerie. Le pain n’est pas encore déchargé du camion, mais je trouve 6 savoureux biscuits aux amandes.

Je reviens vers Olivier avec mon butin a moitié croqué et vois qu’il en est toujours au démontage ! Je lui laisse sa part et retourne au magasin pour acheter de 2 kg de ces délicieux sablés. Même scène pour faire ouvrir la porte. Je pense qu’un sonotone ne serait pas superflu pour suppléer aux oreilles de la vendeuse. J’ai le temps d’engloutir la moitié du carton avant que le vélo d’Olivier ne soit remonté. Je commence, d’ailleurs, moi aussi par l’être un peu.

J’ai eu le temps d’aller reconnaître les ruelles de la ville pour en sortir au mieux. Le ciel est dégagé, l’air encore très en mouvement et la température bien fraîche.

Nous partons (j’allais dire « enfin ») sur le coup des 8:30. Bien entendu, le vent est de face et la route monte. Olivier décroche dès les premiers mètres. Je pense que la fatigue des deux étapes précédentes se fait sentir. Le vent de face nous ralentit bien et comme Olivier ne parvient pas à suivre mon rythme pourtant ralenti, il ne sait pas à rester à l’abri derrière ma frêle personne.

A 10:00 nous avons parcouru 24 km. En haut d’une petite côte après le village de Sacecorbo, Olivier me fait part d’une décision qu’il a prise. Le vent aura eu raison de son courage et il préfère retourner en arrière jusqu’à la dernière gare que nous avons vue. C’était la veille vers 16:15. Ça doit faire dans les 70km, mais ce sera avec un vent favorable.

Nous nous quittons, un peu tristes, un peu désolés mais aussi un peu libérés chacun de son côté. Il n’aura plus à soutenir mon allure visiblement trop élevée pour son état d’entraînement et je pourrai rouler sans avoir à regarder sans cesse le rétro pour savoir si mon ami arrive à suivre. Après une poignée de main chaleureuse, je repars seul et face au vent. Il est 10:20 il reste 120km à parcourir jusqu’à Uña.

Belle descente sur Ocentejo. Dans le village la route est toute neuve, on glisse comme sur du velours. La vallée qui mène à Valtablado del Río est jolie, peu de véhicules y circulent et la route vallonnée n’est plus tout à fait neuve. Il pousse des herbes au milieu de la chaussée. Heureusement il reste une bande cyclable et goudronnée de part et d’autre. Dans le village, l’asphalte a disparu. Il ne reste plus que le concassé qui lui servait de support. Je réduis considérablement la vitesse mais ne peux éviter la crevaison. C’est la troisième, toujours à l’avant depuis le départ. Après réparation, je suis un peu obligé de pousser le vélo sur plus de 5 km pour ne pas renouveler la mauvaise expérience. Il me faudra près d’une heure et quart pour rejoindre la fontaine avant Arbeteta où je prendrai mon déjeuner de pain, concombre et fromage à l’huile d’olive.

A El Recuenco, (km 64) il est 13:20 et je trouve une maison où on peut me prêter une pompe pour parfaire la pression de mon pneu avant. C’est toujours difficile de gonfler à 7bars avec une mini pompe à main. Jusqu’ici, j’ai roulé au ralenti en surveillant chaque gravier et chaque nid de poule. Une rencontre aurait été fatale pour ma chambre à air.

A Priego (km 85), une jolie gorge s’offre à moi. Le soleil tape ce jour là, pour la première fois, je dois refaire à plusieurs reprises le plein de mon bidon. Heureusement les maires espagnols laissent toujours des robinets d’au potable à disposition des passants.

J’ai beau faire des virages à 90 degrés, le vent continue de souffler contre moi. A Arcos de la Sierrra, je ne suis plus trop certain d’être sur la bonne route. Depuis quelques kilomètres, ni borne kilométrique, ni indication de direction. Je fais une pause fromage et biscuits aux amandes (il en restait) devant la fontaine. J’en profite pour jeter un œil à la carte et au GPS de la tablette. C’est bien là !

A Villalba de la Sierra m’attend une montée de fin d’étape que n’aurait pas apprécié Olivier. Je salue sa sage décision d’être retourné à la maison. Après un passage devant el Ventano de Diablo, j'arrive enfin le sommet de la côte. Plus que 7km de descente avant l’arrivée. Il est 16:46 à mon entrée dans Uña.

Ce soir, je suis le seul client de l’hôtel La Laguna. La chambre double est à 24 euros et le repas du soir à 10. Petit déjeuner 2,5 euros. Pas de raison de se priver.

Je visite la réserve de faune et flore qui constitue la Lagune et taille une petite bavette avec la serveuse du bar qui promène son neveu sur la place du village.

Je ne sens plus trop ma tendinite et, autre bonne nouvelle : la lessive sera sèche le lendemain !

La laguna de Uña

La laguna de Uña

Froid ou soleil = lèvres abimées

Froid ou soleil = lèvres abimées

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