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Published by degavroche

Badaroux - Labégude

Distance: 120km - Montée:2068m

Toute la nuit j’ai rêvé de randonnées de plus de 200km en trike solaire. Les récits de Corine et Sébastien pourraient remplir des piles de carnets de voyage. Avec leur petit chien dans un panier sur la remorque tirée par le tricycle de monsieur, ces deux (trois) aventuriers ont pris goût aux longues distances avec peu de fatigue. Les deux panneaux solaires installés, l’un en toiture du véhicule, l’autre au-dessus de la remorque, fournissent par temps clair, plus d’énergie que le moteur n’en consomme. J’imagine que la montée des cols est moins difficile qu’avec un vélo, si léger soit-il.

A sept heures tout le monde est levé et le petit déjeuner est vite expédié. Il faut aller travailler. Quant à moi, ce soir je ne vais pas aller à Saint-Pierre-du-Colombier comme prévu, parce que mon hôte m’a prévenu il y a quelques jours qu’il serait à Paris. Encore une fois la chance me sourit. Je ne connais pas beaucoup de monde en dehors de la Haute-Savoie. Mais depuis quatre ans mon cousin s’est installé à Labégude, juste à côté d’Aubenas. J’ai à peine besoin de modifier mon itinéraire pour aller passer la nuit dans sa maison. Il est prévenu et m’attend en fin d’après-midi.

Pas besoin de sortir la carte pour les vingt premiers kilomètres. J’ai déjà parcouru cette route la veille. Au Bleymard, ça démarre fort. Près de 10% sur quelques courts tronçons. La route frôle le sommet du Goulet à 1497m mais aucun panneau indicateur de col n’indique que je peux ajouter cette route à ma liste du club des 100 cols. Remarquez, ce n’est pas grave, je ne suis pas inscrit au club. Dommage c’était une belle montée. Voilà presque deux heures que je monte, il est temps de redescendre, la température est fraîche malgré un ciel clair.

A Labastide-Putlaurent, au bord de l’Allier, j’arrive sur les routes empruntées par les itinéraires bien connus des cyclotouristes de l’Ardéchoise. Il faudra que je prenne une semaine de vacance début juin pour partager avec des milliers d’autres cyclistes les tracés célèbres qui sillonnent les monts d’Ardèche sur des petites routes bien tranquilles. Avec quelques jours d’avance je vais, pendant deux étapes franchir pas mal de cols bien signalisés. Tous les kilomètres un panneau indique que l’on est sur l’Ardéchoise, le nom du col, la distance jusqu’au sommet et le pourcentage d’inclinaison de la route du prochain kilomètre. Je trouve que ces petits panneaux verts, en plus d’aider à doser l’effort, donnent une bonne motivation pour atteindre le sommet. Le premier de ces cols et celui de Notre Dame des neiges (1137m)

Il est 11 heures quand j’arrive à Saint-Laurent-les-Bains. J’achète le dernier avocat et les deux dernières carottes de l’épicerie et m’installe sur la place où coule une source chaude à plus de 45 degrés Celsius. Par chance on trouve aussi un robinet avec de l’eau froide pour remplir le bidon. Le fromage de Thomas et Chantal et le pain de Meyruies m’en bouchent un coin. Les curistes sont intrigués par mon vélo couché. Certains auraient bien aimé rouler un peu, mais le village est dans une pente abrupte et la seule route qui le traverse est assez inclinée. Il faut dire que ces retraités curistes ne doivent pas souvent faire de sport, ni même monter des escaliers. A chacun son corps, à chacun sa santé.

C’est vrai de ça plonge à la sortie de Saint-Laurent. Il faut passer la Bome (724m) pour remonter vers les cols du Champ de Bosc (1169m), de la Croix de la Femme Morte (1190m), de Loubaresse (1142 m), de Meyrand (1370 m) et de la Croix Bauzon (1308m).

En arrivant sur la route de Loubaresse, je vois trois cyclistes devant moi. Ils doivent avoir entre 800 et 900m d’avance et il ne reste plus que 4km jusqu’au sommet. Le premier est à l’agonie et je le dépasse après deux kilomètres. Je dois me battre pour arriver au niveau des deux autres. Je passe le premier après le panneau 1kmet le dernier juste avant le sommet. J’étais au sprint. Il faut quand même dire que les cyclistes roulent avec des vélos pesant entr 7 et 9 kg et que mon vélo horizontal pèse 11.5 kg à vide et est chargé avec 6 à 7 kg de bagages, selon le niveau d’eau de de nourriture. 10kg ça fait une grosse différence dans les montés. Sinon pourquoi on dépenserait des centaines d’euros pour gagner quelques grammes ?

Nous faisons un brin de causette au sommet et je repars pour la dernière montée avant un descente très esthétique sur Jaujac, et un faux plat menant à Labégude. A l’entrée du village (236m) il fait une touffeur écrasante. Je dévalise le marchand de fruit et consomme sur place plus d’un kilogramme de pèches, melon, bananes.

Il n’est que 15:00 quand je sonne à la porte de mon cousin Eric. Nous aurons le temps de nous raconter nos vies respectives. Ma précédente visite date déjà de deux ans.

Le soir Eric m’emmène en voiture pour visiter Aubenas et manger au restaurant. Il faudra que je me souvienne qu’il n’aime pas les tomates cerise. Chaque plat en est garni, et j’en aurai donc double ration.

Badaroux - Labégude
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